mardi 15 mars 2011

première session 2011 en Vendée


Le moteur du break tourne enfin, il est 14h00 et je viens tout juste de terminer les préparatifs. C'est ma première session de l'année avec plus d'un an et demi d'absence au bord de l'eau. Pourtant, j'avais pris de la distance avec cette passion avant la naissance de ma fille et la construction de la maison. Mais le jour de la naissance, jour également du déménagement bien évidemment, la première envie instinctive fût de reconquérir le bord de l'eau.



Aussi cette année, je profite de l'ouverture de la truite, souvent signe de quiétude pour la carpe ce week-end là pour pêcher un lac que j'apprécie particulièrement à cette saison.
Pour un mois de mars, le temps est plutôt stable depuis près de deux semaines avec pas mal de beau temps. Durant l'amorçage pendant la semaine, j'ai observé plusieurs remous de petites poissons blanc signe d'une reprise d'activité prématurée.
C'est donc confiant et gonflé à bloc que j'entreprend de poser les cannes en bateau. Connaissant bien les lieux, je décide de pêcher uniquement la bordure de la berge d'en face avec une profondeur située entre 2.5 et 3 m. Un vent du sud vient agiter et réchauffer la berge pêchée. L'eau indique une température constante de 9°C. Je décide de pêcher au spot avec une trentaine de billes de 16 mm surdosées par canne, montage Drig eschée d'une équilibrée de 18 mm.



Vers 22h30, la canne placée proche d'une énorme souche de bordure démarre doucement. Je prend contact avec le poisson qui a l'air assez massif et non combatif. Le vent m'empêchant d'utiliser le bateau, le combat se fera du bord. Après quelques minutes,le poisson rentre facilement dans l'épuisette. Ma lampe frontale confirme ma vision avec un poisson proche des quinze kilos au fond de l'épuisette. Aussi lors de la pesée, je reconnais ce poisson que j'avais pris plus de trois ans auparavant avec une faible progression de poids.

A peine deux heures plus tard, un deuxième départ léger me réveille en sursaut. Le poisson a mordu sur une pente douce et caillouteuse. Le poisson me donne l'impression d'appartenir à la même famille que le précédent avec un grain d'agressivité en plus. Le poisson prend du fil, gagne un peu de terrain en direction des souches de l'ancien lit de la rivière. J'augmente la pression sur la ligne qui permet au poisson de sortir de la zone à risque. Après quelques minutes intéressantes, j'entrevoie à la lampe frontale ma combattante. Elle semble plus courte que la précédente, mais aussi plus massive. Après encore quelques hésitations, la carpe se laisse glisser dans l'épuisette. Quand je la soulève, je sais tout de suite que je viens de prendre un poisson de taille respectueuse. Le peson indique 16.8 kg. Premier poisson de +15kg de l'année!!!!



Malgré une confiance absolue, le reste de la nuit sera plus calme. Le lendemain matin, le temps s'est couvert mais le vent s'est calmé. Je profite de la passée d'un copain pour immortaliser les 2 mémères dans les meilleures conditions. Aussi, il reconnait le gros poisson qu'il avait pris l'année dernière dans les mêmes poids mais sur un secteur différent du lac .
L'après midi passe puis arrive la soirée; Il pleut maintenant régulièrement et je doit profiter des quelques minutes de répits pour retendre les lignes. Le vent a changé de direction et vient maintenant du Nord Est. La nuit s'installe et là encore, la température a perdu plus de 8°C. Je me met dans mon duvet bien au chaud en attendant la mise à table. Vers 1h30, une commune de 8 kg me donnera un dernier frisson avant de revenir à la réalité de la pêche; il n'y aura pas d'autres beaux poissons cette nuit là.


Je peux quand même plus que me satisfaire de cette première session de l'année avec deux beaux poissons sortis. D'autant plus que pour moi, cette année est une année de reprise.

jeudi 14 mai 2009

retour sur la poitevinière

Pêcheurs de carpes, pêcheurs de rêve.... Nous avons chacun une philosophie de pêche différente: les uns préfèrent le spécimen hunting, d'autres pêchent exclusivement sur le public, d'autres le privé ou encore certains fréquentent les enduros. Mais aussi différents que nous sommes, nous avons tous et sans exception un point commun: nous sommes des chasseurs de souvenirs. Le souvenir d'une pêche mémorable ou les records sont tombés, les pêches galères ou s'accumulent sans comprendre les emmerdes, les parties de pêche entre amis ou une pêche très difficile ou la stratégie mise en place fonctionne à merveille.....
Aujourd'hui encore, une session m'a marquée considérablement.


Mi-novembre 2006, j'ai un week end pêche de prévu mais hésite quant à la destination. Depuis plusieurs temps, je me tâte d'aller affronter un magnifique plan d'eau du grand ouest, le site de la Poitevinière. A cette époque, le plan d'eau était géré par et pour les Holandais, les postes intéressants devant être absolument réserver 6 mois à l'avance et pour une semaine . Pour les pêcheurs locaux, seuls trois postes sur 28 (et non les meilleurs) étaient disponibles sans réservation pour un week-end.



Hésitant, je tente d'appeler dans le pays du Gouda pour réserver un autre poste plus intéressant. Coup de bol, le site organise un enduro pour une grosse team Holandaise qui s'arrête le samedi matin. Ayant réservés jusqu'au samedi, le lac est deserté cette nuit là. Je décide donc de prendre mon lundi et réserve le poste 26 au plus prêt de la réserve. J'arrive le samedi midi et je me retrouve alors seul sur le plan d'eau pour la nuit; inimaginable quand on connait la fréquentation du lieu. Les Holandais ont quitté les lieux en bennant tout le reste des appâts dans le lac afin d'alléger leur véhicule pour le retour je pense (lol), la pêche va rester tout de même très hasardeuse. Je pense alors que les poissons se sont réfugiés dans la réserve pour être plus tranquilles. Le poste se situe donc sur la rive du château, sur une avancée et donne directement sur la réserve. A l'arrivée, je suis surpris par la concentration d'oiseaux sur le lac: canards, foulques,poules d'eau, grêbes ou encore mouettes.


Sans une minute à perdre, j'expédie rapidement l'installation du campement malgré un emplacement trois étoiles et me concentre sur ma pêche. Je pêcherai uniquement en direction de la réserve, le plus éloigné possible du poste. Pour cela j'utilise des waders et n'hésite pas à avancer sur une cinquantaine de mètres dans l'eau pour approche rau plus prêt de la réserve. Chaque montage est eschée d'une bouillette fusion Mainline, le must à l'époque pour faire la différence sur les plans d'eau surpêchés. L'amorçage est beaucoup plus compliqué: la concentration d'oiseaux que j'admirai un instant, se jette habilement sur chaque bouillette qui ont à peine le temps de toucher l'eau sans être becquetée. Se déroule alors un combat inutile où caché derrière les fourrés, j'essaie de déposer quelques appâts de plus. Au bout de trois lancés, les mouettes sont déjà sur le coup. Impressionant.

La soirée tombe et les mouettes jettent leur dévolu sur une autre partie du lac. Je peux maintenant amorcé tranquillement. En tout cas c'est ce que je croie car maintenant près d'une cinquantaine de poules d'eau et foulques se mettent à plonger et piquer les appâts juste frais. J'obtiens même quelques touches d'oiseau qui déplacent la bouillette eschée. Enfin ces indésirables se calment et je peux enfin profiter de la nuit calme. Même trop calme d'ailleurs car les détecteurs resteront muets toute la nuit. La journée du dimanche est largement ensoleillé et une séance de bronzage est improvisée sur le ponton. La pêche se fait rarement de journée et je décide de me faire oublier et laisser les lignes en place jusqu'à la tombée de la nuit pour éviter d'attirer les oiseaux. En soirée, le ciel se découvre et j'assiste au coucher de soleil le plus magique de ma jeune existence. Le ciel, d'un rouge vivifiant jette son ombre sur l'étendue d'eau et à ce moment là , je vous jure qu'on ne pense plus à la pêche: simplement de profiter de ce moment magique. Hélas, ce coucher est éphémère et laisse maintenant place à la nuit noire. La discrétion de la journée paye et les oiseaux sont partis explorer le reste des 80 hectares qu'offre
la Poitevinière.


Je relance donc les cannes et amorce plus copieusement chaque montage. La douceur de la nuit m'emporte rapidement quand un détecteur sonne sans intérruption. Il est minuit, j'enfile en deux secondes mes waders, sprinte comme jamais pour atteindre les 30 m qui me séparent de la canne, jette l'épuisette à l'eau, empoigne la canne et ferre. Le poisson est au bout. Je descend et décide de combattre dans l'eau. Je prend le temps de fatiguer le poisson car le poste n'est pas du tout encombré: un pente douce et régulière de sable et vase. Quelques minutes de plus et enfin le poisson rentre dans l'épuisette. Une belle miroire d'une douzaine de kilos à la robe sombre se retrouve dans le sac de conservation pour attendre son heure de gloire le lendemain matin. Je relance la canne, réamorce mais le reste de la nuit sera des plus calmes. Au petit matin, c'est avec grande surprise que je retrouve la ligne complètement déplacée en proximité de la berge. Un départ s'est produit sans aucune tirée et sans la moindre détection du matériel. Navrant... .
J'immortalise ma vaillante et il est temps pour moi de rentrer car je travaille l'après midi.


Par la pêche, nous cherchons à créer des souvenirs mémorables. Cette session là est pour moi inoubliable, non par la pêche en elle même, mais pour l'ambiance et le don que la nature a pu m'offrir ce soir de novembre par ce coucher de soleil unique alors que j'étais le seul à pouvoir en profiter cette soirée là. Magique....

dimanche 8 février 2009

frustration d'une pêche réussie

Début septembre, l'été a été plus que maussade en Vendée sans une seule journée sans passage dépressif. Côté pêche, nous sommes plus ou moins en standby avec quelques soirées et poissons pêchés au bord du barrage de Moulin Papon. Il est grand temps pour nous de reprendre le large et de vivre pendant plusieurs jours pleinement notre passion. Nous décidons donc de pêcher quatre jours sur un lac privé du centre de la France. Cela faisait trois mois que nous avions réservé le poste et deux semaines ou tous les soirs nous nous consacrions à sa préparation.


Mercredi, j'arrive sur les lieux vers 13h30 quand le propriétaire nous apprend qu'il y a une erreur dans la réservation et qu'il faudra attendre maintenant le lendemain pour que le poste soit libéré. Première frustration, autant de kilomètres et d'impatience pour perdre une journée de pêche. Le propriétaire sympathique nous permet tout de même de pêcher sur un étang plus petit, d'une dizaine d'hectares qui occupe une population de carpes plus conséquente mais avec une moyenne beaucoup plus petite. Au plein cœur d'une forêt constitué de bruyères, pins et chênes verts, le spot proposé nous permet une immersion parfaite dans la nature. De plus dès mon arrivée, plusieurs sauts successifs de carpes remplacent peu à peu la rancœur de l'arrivée par l'envie et la motivation de découvrir ce plan d'eau sauvage et son cheptel. L'étang très vaseux dont la profondeur ne dépasse pas le mètre est difficile à cerner. Entouré de pins, le fond accumule de petites branches et rend les combats incertains. Sans bateau, il est impossible d'amener le poissons à l'épuisette sans s'accrocher. L'arrivée de Matthieu un peu plus tard nous permet de tendre les lignes avant 18h00. Nous décidons de pêcher les bordures dans la tourbe et proche des roselières qui entourent le lac, le bord de l'île, une bande dure près de la berge ainsi que le lit de la rivière. Cette première nuit, les deux derniers spots nous apportent tout de même six départs avec cinq poissons à la clefs entre 5 et 8 kgs. Nous découvrons aussi pour la première fois un concert fort bruyant mais si majestueux, celui du brâme du cerf. C'est tout simplement magique voir effrayant d'entendre leur chant ou plutôt leur rugissement et cette émotion est multipliée par dix quand ceux ci s'approchent du bivie.


Jeudi 12h00, nous quittons l'étang pour occuper le poste tant attendu. Se situant au milieu d'un étang de 55ha, ce poste difficile selon les habitués est assez large avec une pêche à réaliser à près de 200 m . Enclavé entre 3 postes, les poissons sont éloignés des zones de repos et sont donc uniquement de passage. il faut donc être très discret dans la manière de tendre les lignes et d'amorcer. Ici, les gros amorçages effraient les poissons; un amorçage en assiette ou en single bait est recommandée.
Les pêcheurs en place sur le poste depuis quatre jours achèvent notre optimiste: après avoir tout essayé, ils n'ont réussi à sortir qu'un poisson lors de leur séjour. Ça ne va pas être facile.
Confiant tout de même, nous élaborons une stratégie découverte pour connaitre les types de spots, de profondeurs, et d'appâts que les carpes cherchent à cette période. Pêcher quatre jours de suite permet lorsque nous découvrons un nouveau lieu d'essayer durant les deux premiers jours plusieurs stratégies puis d'optimiser les deux derniers jours la pêche suivant les expériences vécues. Malheureusement, il nous reste seulement que trois jours de pêche. Nous pêchons avec deux sortes de bouillettes: une à base d'un mix maison très riche et huilé avec arôme et huile de saumon et la deuxième sur un mix Big Carp à base de foie. Nous partageons les bouillettes équitablement sur six cannes laissant les deux dernières eschées de tiger nuts équilibrées. La première canne est lancée à vingt mètres du bord eschée d'une bouillette maison très carnée. Deux cannes sont posées dans le lit de la rivière. Trois lignes sont déposées ensuite sur la bordure opposée et les deux dernières sur une route noyée à deux cent mètres du bord.
Nous amorçons donc très peu avec du chènevis, des noix tigrées et bouillettes broyées.


18h30. Départ timide sur une des cannes placée sur la route noyée à 70 cm de fond sur un amorçage à base de noix tigrées broyées. Nous prenons le bateau pour arriver sur la zone de combat. Au contact, le poisson décroche. L'hameçon s'est ouvert. Nous changeons le bas de ligne et retendons précisément au même endroit.
1h00, un détecteur à Matthieu arrête notre somnolence. Le départ s'est effectué sur le spot situé le plus à droite dans le lit. Avant de se rendre, le poisson offre un combat explosif malgré ses 12 kgs.
4h00 c'est maintenant un de mes détecteurs qui sonnent à tue-tête. Je prend contact avec le poisson et décide de combattre du bord. La belle rentre sans difficulté dans l'épuisette et c'est avec surprise que nous observons une commune dans les mailles du filet. Elle accuse 13.8 kgs. Pêcher une commune de cette taille n'est pas fréquent sur ce plan d'eau ou les miroires dominent considérablement. La fin de la nuit reste calme.


Vendredi matin, nous retirons les cannes: sur huit cannes posées seulement 2 restent pêchables au petit matin. Les écrevisses sont très agressives et nous obligent à gainer les appâts les plus fragiles. Une fois les lignes tendues, nous profitons d'aller se doucher pour faire le tour des postes. La nuit a été plus calme que jamais pour nos voisins.
L'après midi, un détecteur émet quelques bips entrecoupés qui nous contraint de prendre le bateau pour aller voir ce qu'il y a au bout de la ligne. Un brochet à peine maillé vient d'attaquer une bouillette au saumon. Nous libérons la prise et profitons pour retendre la ligne. Un quart d'heure plus tard, un même départ se reproduit avec à la clef un brochet de 65 cms. Nous relâchons notre copain Esox qui au passage entailla mon doigt inférieur.
Pour cette deuxième nuit, nous changeons légèrement de stratégie en privilégiant les endroits les plus profonds, c'est à dire les abords du lit. Nous avons retenu aussi un spot dans les roselières avec 0.6 m de fond où plusieurs sauts de carpes nous ont interpellé tout le long de la journée. Et ça paye! Ce spot nous offre notre premier poisson de la nuit qui avoisine les 9 kgs. Dans la première partie de la nuit, nous sortons aussi deux autres petites carpes atteignant respectivement 3 et 8.6 kg. La deuxième partie de la nuit nous offre deux jolis poissons de 12 et 13.5 kg. Tous les poissons sont piqués sur le même spot dans le lit de la rivière avec la bouillette Big carp au foie.


Samedi matin, un léger vent du Sud Est s'est installé sur le lac. Matthieu est parti discuter avec un couple de retraités anglais fort sympathique, Richard et Sheila qui pêchent ensemble plus de trois mois en france.
Un départ se produit toujours sur le même spot. Je prend le bateau et pars combattre seul . A peine arrivé sur la zone, le moteur s'arrète, une cosse étant coupée nette. Le vent me pousse vers les roselières. La lutte est difficile. Le poisson ne se rend pas et les efforts que je donne à la rame pour éviter d'échouer me font monter le taux d'adrénaline. Enfin, après quelques minutes interminables, le poisson rentre dans l'épuisette. Il faut maintenant rentrer au poste avec la carpe entre les jambes et ramer à genou face au vent. je suis exténué physiquement mais heureux. Le poisson accuse les 12.5 kgs. Une demi heure plus tard, un nouveau départ s'enchaine le long de la route noyée à plus de 200 m de distance. Matthieu étant encore parti se doucher, j'hésite à réitérer une deuxième sortie en bateau aussi burlesque et décide de ramener le poisson du bord. Et là, la chance est plutôt de mon coté, car le poisson longe la berge opposée sans se prendre dans les lignes puis décide de faire un tout droit dans mon épuisette. Une fois Matthieu revenu, nous prenons en photo cette jolie miroire de 11.5 kg avant de la remettre dans son élément.


Vers 17h00 un binôme ch'ti vient d'arriver pour occuper le poste suivant durant plus d'une semaine. A peine la première canne posée, celle ci démarre et offre à ces veinards un poisson de 19 kg. Nous sommes jalousement démoralisés.
La dernière nuit est plus difficile, le bruit et l'amorçage lourd de nos nouveaux voisins ont effrayé nos pauvres cyprins. Vers 4h00, Matthieu sort la dernière carpe, une jolie miroire de 14.2 kg piquée sur le spot de la route noyée.

Dimanche, nous sommes à l'heure du départ et donc du bilan des trois nuits passées sur ce plan d'eau: Nous réalisons une pêche plus que correcte sur un poste difficile de ce plan d'eau. Malheureusement, le poids des prises n'est pas élevé: en effet, ce lac offre un cheptel constitué d'un poisson sur trois au dessus des quinze kilos. Nous avons sorti 10 poissons et pas un seul ne dépasse cette barre fatidique. Les voisins du Nord n'ont fait qu'un poisson mais un beau et le couple d'anglais ont aussi moins de départs à leur actif mais s'offrent trois beaux poissons dont une miroire de 23 kg.
Malgré la frustration de n'avoir pêché aucun gros poisson du lac, nous avons déjà hâte de retrouver cet aire de jeu qui pour nous est sûrement l'un des plus beaux sites privés de notre pays. Le rendez vous est pris pour l'année prochaine.

vendredi 28 novembre 2008

Nos rivières délaissées de Vendée

En visionnant une vidéo il y a quelques jours, j'ai rencontré un personnage hors du commun. Cet homme m'a fait réfléchir dans mon approche de la pêche et de la nature en général.
Ce passionné, Patrick Lamaison décrit son amour pour sa rivière l'Adour. Sa rivière est toute sa vie. Ce document est une leçon de vie, le personnage est touchant et possède une approche inaliénable de la pêche et de la nature qui l'entoure. Je ne vous en dis pas plus car je ne saurais pas le faire mieux que lui et vous laisse le découvrir: vous pourrez visionner ces deux documents sur Dailymotion:
"Mon amour, l'adour"
"Comme un poisson dans l'eau"
Parce que j'éprouve beaucoup de respect pour ce grand monsieur, je voudrais sans aucune prétention lui rendre hommage à travers cet article :


Dans ses yeux, on retrouve le respect et l'amour du poisson pêché

Nous avons tous à proximité de chez nous une petite rivière de petite à moyenne taille. Souvent inexploitée par les pêcheurs, elle l'est encore plus délaissée par les carpistes. Bien évidemment, j'en fais partie.

Notre département de la Vendée est reconnu en France pour sa richesse halieutique.
La première richesse piscicole vendéenne vient des nombreux lacs de barrage construits pour la distribution d'eau potable de 1960 à 2000. Pour la pêche de la carpe, Mervent, le Jaunay, Apremont, la Bultière, le Marillet, Rochereau, Moulin-Papon sont désormais des sites incontournables. Une autre particularité, la plupart des communes possèdent un ou plusieurs étangs gérés par l'association locale de pêche. Plus accessibles, ces petits étangs permettent à une seconde catégorie de pêcheurs souvent occasionnels de pouvoir pratiquer leur loisir à moindre coût. Pour la pêche de nos cyprins, il existe principalement trois privés qui se partagent le marché: la Tricherie, Le domaine de la Malonne et le parc Soubise. J'ai une petite préférence pour le dernier pour son cheptel et la beauté des lieux.


la Sèvre Nantaise

Enfin, la Vendée recèle de nombreuses rivières qui alimentent les lacs de barrage: la sèvre Niortaise, la Sèvre nantaise, la Vendée, leLay, la Vie.

La dernière citée est celle que je connais le mieux. La Vie se trouve dans l'ouest de la Vendée. Ce cours d'eau long de 62,2 km prend sa source aux environs de Belleville sur Vie et vient se jeter dans l'océan au niveau de St Gilles sur Vie. La partie qui nous intéresse se situe entre le barrage des vallées et le lac de barrage d'Apremont. D'une largeur moyenne de dix à vingt mètres, le débit est assez faible permettant une pêche aisée en dehors des période de crue. Cette rivière devient d'année en année de plus en plus encombrée, les tempêtes successives laissant derrière elles d'innombrables branches et arbres entiers s'accaparer du lit.


coin magique de la Vie

Sur certains biefs, il en devient même très critique de circuler en barque. Les bordures souvent inaccessibles rendent cette rivière difficile d'accès. Seuls quelques passages en guise d'abreuvoir à vache permettent d'accoster et de pêcher avec le minimum de confort. Il est fini le temps ou les riverains entretenaient les berges de leurs terrains. Ces anciens qui avaient pour la rivière une estime considérable ne sont maintenant plus là pour l'entretenir. Les nouveaux riverains à 90% du monde agricole ne prennent plus le temps de s'en occuper. Je ne leur jette en aucun cas la pierre, car le rythme de vie a considérablement changé et les centres d'intérêts guidés par le peu de temps qui leur reste sont du même coup différents de leurs pères.

Malgré tout, la rivière devient de plus en plus sauvage et de plus en plus mystérieuse par la même occasion. La pêche n'en reste pas moins plus attrayante. La faune est omniprésente sur le secteur. Attention tout de même aux nombreux ragondins qui ont colonisé de façon massive les bordures du lieu.


Côté pêche, la Vie comprend un cheptel assez bien représenté en carpes suivant les biefs avec des poids variants de 3 à une dizaine de kilos. Ne vous attendez pas à sortir des bœufs, car même si les plus gros sujets doivent approcher les quinze kilos, les sortir de leur habitat si encombré relève de l'exploit. Ici, la pêche prend toute sa dimension dans la sportivité des combats, la faune environnante et la tranquillité des lieux. Malgré une pression de pêche quasi inexistante, la pêche est assez difficile. Une bonne majorité du cheptel est composée de communes longilignes qui circulent sur la longueur du bief. Pour les intercepter, il vaut mieux préparer son coup en avance en amorçant à la graine et incorporer petit à petit les bouillettes.
Sortir un poisson vierge de tout contact humain donne un plaisir immense à qui sait encore l'apprécier. Le dernier tiers, les miroires se retrouvent sur des secteurs bien définis. Les carpes répondent bien aux billes. Attention tout de même aux écrevisses et poissons chats qui dévorent en peu de temps nos appâts.


Comme il n'existe pas de secteur de nuit, la pêche de journée reste évidente. La pêche se fait souvent sur les bordures même si le lit nous a offert quelques départs. N'hésitez pas à pêcher très proche des obstacles si possible. les nénuphars restent aussi un aimant à carpe.
Un corps de ligne en nylon 40% est nécessaire, les bas de lignes en fluro sont à proscrire, la tresse utilisant ici toute ses qualités. Pêcher avec deux cannes courtes suffit amplement et permet surtout d'avoir assez d'accès pour travailler le poisson et l'épuiser. Les départs sont d'une rare violence: pas besoin d'indicateur de touche à revenir car les poissons se réfugient directement vers la berge. Un conseil: rester au cul des cannes, frein fermé, ferrer le poisson dès la touche et bloquer celui ci avant qu'il rejoigne l'obstacle le plus proche.

Nous avons perdu beaucoup de poissons lors des combats: dans cette rivière, en perdre fait partie du jeu, d'ailleurs vous en perdrez plus que vous en sortirez. Mais pour chaque combat gagné, l'admiration et l'estime du perdant est encore plus savoureuse même pour les poissons les plus modestes.



On peut espérer toucher deux trois poissons dans la journée mais les capots sont aussi fréquents sur la Vie. Je me souviens d'une soirée en compagnie de Matthieu où en quatre heures de pêche à peine, nous réussîmes à sortir six poissons sur huit départs avec à la clef une belle commune de 11.5 kg. Mémorable!! Ce jour là d'ailleurs, je perds un poisson qui m'entraîna vers la casse avec une telle violence qu'il est impensable et indiscutable de la présence de beaux sujets sur ce bief.



Avec Matthieu, pêcher la rivière nous permet d'oxygéner notre saison de pêche. La recherche des boeufs est mise de côté et seul le plaisir des combats compte dans cette approche. La Vie n'a rien d'extraordinaire. elle est délaissée comme la plupart de ces voisines de Vendée. La redécouvrir donne une joie immense à ceux qui savent l'apprécier. J'espère vous avoir donné un soupçon d'envie de redécouvrir le joyau qui coule à proximité de chez vous.


perle de la Vie